Extrait tiré du livre de Philippe VIDELIER "Décines, une ville, des vies":

Lorsque le Vietnam s'enfonce dans la guerre, la situation des Travailleurs Indochinois de Décines devint plus précaire.

En juillet 1948, un détachement de la 142ème CRS intervint en force pour appréhender quelques supposés "agitateurs vietminh", transférés ensuite à Privas.

"Une descente a été opérée dans les deux camps. Elle a permis de trouver deux jeunes femmes qui ont été conduites au Commissariat pour examen de situation" relevait une note de police. Les Indochinois interpellés étaient ouvriers à la S.L.T. "Dans les journées de jeudi et de vendredi, de nombreux travailleurs ont circulé aux abords de la Mairie et du Commissariat de Décines présentant une apparance d'inquiétude. Quelques uns de ces coloniaux se sont présentés au Commissariat pour demander des renseignements au sujet de leurs camarades"

De la même façon qu'ils avaient été, en temps de guerre, amenés à Décines, les Indochinois furent de manière brutale, rapatriés au Vietnam.

Les travailleurs indochinois qui ont échappé au rapatriement forcé n'étaient pas seuls à se souvenir de la dissolution du camp du Coron. Avec la voix de l'indignation, un ancien résistant employait des mots durs pour caractériser les opérations d'évacuation : "ils ont été embaqués dans des camions, même pas avec une valise, par des policiers casqués, comme les boches faisaient, exactement. Ils ont été embarqués et conduits à Marseille et mis sur le bateau. Vous voyez comme c'est l'Histoire. Des fois on a rien à apprendre des autres"