Témoignage de J.L. "J'entrais donc dans la Coloniale le 7 mai 1941, à Marseille. Affecté à Fréjus, au camp de Caïs, j'ai pris le commandement d'une compagnie de Malgaches, en attente de rapatriement sur leur île, depuis presqu'un an. Enfin le 12 septembre 1941, j'ai embarqué, à Marseille, sur l'Eridan, un magnifique paquebot. Depuis l'affaire de Mers-el-Kebir, les navires français ne pouvaient plus franchir, ni le Canal de Suez, ni le Détroit de Gibraltar, avec des troupes à bord. Les militaires, nous avons donc été débarqués à Arzew, en Algérie, et transportés, par train, d'Oran à Casablanca, où nous avons retrouvé l'Eridan, qui était passé par le Détroit de Gibraltar, avec ses passagers civils.... " " Notre paquebot était accompagné par deux sous-marins(Le Héros et Le Glorieux), un aviso colonial (Le Dumont d'Urville) et deux cargos transportant des munitions...escale de plusieurs jours, à Dakar, à partir du 3 octobre,puis direction sud pour contourner l'Afrique et rejoindre Diego Suarez, à Madagascar...passage de l'Equateur, avec baptême et grande fête...quand..., aux environs de l'Ile de Sainte Hélène, le bateau se met à tourner en rond !!! Renseignements pris, les autorités ont donné l'ordre à l'Eridan de faire demi-tour et de revenir à Dakar. La raison : cinq bateaux français, revenant d'Indochine, ont été saisis par les Anglais, au large du Cap de Bonne Espérance.
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Un autre passager, qui ne sait pas encore qu'il deviendra quelques mois plus tard Directeur de la M.O.I., raconte : Quelques jours plus tard, nouvel arrêt mais plus long. Des vedettes vont d'un bateau à l'autre. Mouvements nombreux, agitation manifeste. Nous remarquons que, sur les sous-marins, des matelots sont en train de recouvrir les couleurs tricolores du kiosque de la teinte grise des superstructures ; c'est un exercice de peinture, gouaille un passager ! Etonnement des officiers de marine. La cloche du déjeuner sonne. Pendant le repas, les machines se remettent en marche, le bateau vibre ; une fois sur le pont, il est évident que nous avons fait demi-tour, sauf les sous-marins et l'aviso qui reprennent leur route vers le sud ; tous les bâtiments ont hissé le pavillon "bon voyage". Nous étions sensiblement sur le parallèle de Sainte Hélène. Le bruit court que nous avons ordre de rentrer à Dakar à toute vitesse. On apprendra ultérieurement qu'un convoi venant d'indochine avait été arraisonné par les Anglais à hauteur de Natal et que les autorités maritimes n'avaient pas voulu risquer qu'un sort analogue échût au nôtre. Extrait du livre "Gouverneur dans le Pacifique" par Aimé Louis Grimald
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