L'INTEGRATION DES TRAVAILLEURS INDOCHINOIS EN FRANCE

 

Combien de Travailleurs Indochinois n'ont pas été rapatriés ?

Selon les estimations de différents auteurs ou acteurs de cette aventure, les chiffres varient d'un millier à trois mille. Nous essaierons, au cours de l'évolution de ce site , d'apporter une réponse plus précise à cette question.

Là encore il faudra faire la distinction entre les travailleurs civils et les militaires puisque tous les hommes indochinois qui se sont installés définitivement en France à cette époque n'étaient pas tous issus des compagnies de l'ancienne M.O.I.

De façon empirique, nous situons la période charnière à partir de laquelle on peut estimer que l'installation est acquise vers l'année 1952. En effet, nous remarquons que c'est vers cette date que part pour le Vietnam le dernier bateau à bord duquel les travailleurs indochinois le souhaitant, peuvent embarquer aux frais de l'Etat. C'est aussi vers cette date que nous avons noté de nombreuses naturalisations. D'autre part la plupart des mariages dont nous avons connaissance ont déjà eu lieu et la majeure partie des aînés des familles que nous connaissons sont nés à ce moment ou avant.

Les deux raisons majeures à l'installation définitive sont à trouver dans la fondation d'une famille et dans le refus, pour ceux qui ont pu échapper au retour forcé, de se retrouver dans un pays en guerre alors qu'ils se sont bien adaptés à la vie française en occupant notamment un emploi depuis souvent un temps long. Pour ces derniers, tout espoir ou souhait de retour ultérieur n'était pas définitivement abandonné, mais l'avenir politique fera que cet espoir ne se concrétisera pas.

 

Les mariages

Dès les premières années de leur présence en France, et bien qu'ils soient regroupés dans des cantonnements collectifs, les Travailleurs Indochinois ont quelques contacts avec la population française.

Au départ, ces contacts se déroulent essentiellement sur les lieux de travail.

Il faut se rappeler qu'au même titre que les travailleurs coloniaux ont été appelés à combler les vides dans les usines, beaucoup de femmes y ont aussi été embauchées. Bien que les préjugés fussent nombreux envers "les Annamites", les relations de travail estomperont peu à peu les craintes féminines. Les premiers "bénéficiaires" furent ceux des Indochinois qui, grâce à leur connaissance du français, servaient d'interprètes à leurs compatriotes et qui n'avaient rien à voir avec les caricatures en vigueur à l'époque, bien au contraire. Ils furent les premiers à nouer des relations amoureuses avec des jeunes françaises.

Les premiers mariages ne tardèrent pas,

 

 

 

ainsi que l'arrivée des premiers enfants.

 

En mai 1946, plus de cent foyers légitimes s'étaient ainsi fondés et il y avait déjà plus d'une centaine d'enfants franco-vietnamiens.

Certains pères repartiront au Vietnam avec femme et enfants, la quasi totalité restera cependant en Métropole.

Nous avons connaissance d'au moins un cas de retour du père, seul, au Vietnam. Ceci grâce à l'opiniatreté de l'une de ses filles qui a voulu retrouver sa trace. Son histoire a fait l'objet d'un documentaire dont voici la présentation :

 

 

L'activité professionnelle

Comme nous l'avons vu lors du chapitre consacré à la formation professionnelle, une partie de ceux qui en ont bénéficié ont trouvé rapidement un emploi. D'autre part ceux qui ont demandé une levée de réquisition ont pu en trouver plus aisément du fait qu'ils ne présentaient plus pour eux mêmes et pour les petits employeurs les inconvénients d'un travailleur encadré.

C'est principalement dans les rangs des interprètes et des surveillants que l'on trouve ceux des anciens de la M.O.I. qui vont s'installer en France.

 

 

Quelques sources

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